Le monde des paris sportifs est complexe, et de nombreuses personnes peuvent se poser des questions sur la situation au Québec. En effet, la législation régissant les paris au pays est encadrée par diverses lois, et chaque province possède ses propres spécificités. Le Québec ne fait pas exception.
L’univers du pari sportif au Québec a connu une croissance rapide au cours des dernières années, et la législation canadienne a évolué avec l’adoption de nouvelles lois. Cela peut prêter à confusion pour les résidents de la province, mais je suis là pour vous éclairer. Ci-dessous, je vais passer en revue les informations essentielles relatives aux paris au Québec. Je vais examiner si les paris sur les sites de paris sportifs en ligne sont autorisés dans la province, qui peut parier au Québec et si les sites de paris sportifs offshore sont une option viable.
Les paris sportifs sont-ils légaux au Québec?

Il est vrai que la légalité des paris sportifs au Québec ne se résume pas à un simple oui ou non. Bien que cela soit légal, il est important de comprendre que la situation est plus complexe que cela. L’industrie des paris sportifs au Canada est en constante évolution et présente des nuances.
Pour bien comprendre si les paris sportifs sont légaux au Québec, il est nécessaire de remonter quelques années en arrière. À l’époque, le cadre juridique régissant les paris sportifs au Canada était différent. Les paris sur un seul événement, c’est-à-dire miser sur un seul match ou un seul résultat, n’étaient pas réglementés par le gouvernement.
À l’époque, l’offre légale de paris sportifs se limitait aux sites de paris combinés exploités par les sociétés de loterie provinciales, qui sont des organismes gouvernementaux. Les parieurs ne pouvaient placer que des paris combinés sur des plateformes comme Mise-o-jeu, un site québécois exploité par Loto-Québec.
Les cotes étaient moins favorables que celles offertes par les sites de paris sportifs traditionnels, et les parieurs ne pouvaient miser que sur des paris combinés. Les paris combinés consistent à regrouper plusieurs mises en un seul pari, chaque sélection devant être gagnante pour que le pari soit payant. Ce sont des options amusantes, mais elles sont généralement moins susceptibles de rapporter qu’un pari simple.

Les amateurs de paris sportifs pouvaient également utiliser des sites exploités par des opérateurs offshore ou par des opérateurs basés sur des territoires autochtones canadiens sans avoir à craindre des sanctions, bien que cela se situât dans une zone grise sur le plan légal. Le plus important organisme de jeux sur le territoire autochtone est la Commission des jeux de Kahnawake, qui opère au Québec sur un territoire mohawk.
Toutefois, tout a changé en 2021 avec l’adoption du projet de loi C-218. Ce projet visait à modifier le Code criminel canadien en levant l’interdiction des paris sur un seul événement. Après son adoption en août 2021, le contrôle des paris sportifs a été confié aux gouvernements provinciaux, mettant ainsi fin à leur statut d’activité illégale au niveau fédéral.
La réaction a été rapide : plusieurs gouvernements provinciaux ont mis en place les paris sportifs sur un seul événement sur leurs plateformes contrôlées par les loteries, comme Mise-o-jeu au Québec. Aujourd’hui, Mise-o-jeu propose des paris simples et des paris sur l’écart de points, le gagnant et bien plus encore. Toutefois, pour plusieurs, ce n’est pas le modèle idéal pour l’avenir des paris sportifs : un monopole gouvernemental se traduit souvent par des cotes moins concurrentielles et moins d’options pour les parieurs.
Le modèle que plusieurs imaginent pour l’avenir des paris sportifs au Canada ressemble beaucoup à ce qui se fait actuellement en Ontario. Après la légalisation des paris sportifs, l’Ontario a établi un cadre réglementaire pour exploiter le potentiel de cette industrie, en créant une entité de réglementation provinciale, l’iGaming Ontario. Cet organisme peut accorder des licences à des sites de paris sportifs, ce qui leur permet d’opérer et de faire de la publicité légalement en Ontario.
Depuis, iGaming Ontario a accordé des licences à de gros opérateurs internationaux comme 888sport, bet365, Betway et plusieurs autres. Les résidents de l’Ontario peuvent désormais utiliser ces plateformes grâce à l’autorisation explicite de leur gouvernement et profiter d’offres promotionnelles exclusives. Cela a aussi incité des sites qui n’étaient pas présents en Ontario, comme BetMGM, FanDuel et DraftKings, à entrer sur le marché ontarien, faisant ainsi des paris sportifs une industrie beaucoup plus importante dans la province.
Le modèle en question présente des avantages considérables pour toutes les parties concernées. Le gouvernement peut percevoir des impôts sur les revenus d’une industrie qui ne lui rapportait rien auparavant. Ces sommes peuvent être réinvesties dans diverses initiatives publiques, notamment pour prévenir les comportements addictifs liés aux jeux.
Depuis que la publicité pour les sites de paris sportifs est autorisée en Ontario, ces derniers connaissent une croissance spectaculaire. Ils peuvent ainsi légalement opérer sur le plus grand marché canadien, sous l’œil attentif du gouvernement. Quant aux parieurs, ils bénéficient d’un plus grand nombre d’options, encadrées par l’État, ce qui améliore la sécurité et la protection des joueurs.
Ce modèle est encore loin d’être adopté au Québec. Pour l’instant, l’Ontario est la seule province à avoir complètement intégré l’industrie des paris sportifs. Toutefois, le Québec demeure un acteur clé de l’économie canadienne et a souvent joué un rôle de pionnier dans le domaine des paris sportifs. La province a d’ailleurs été la première à promouvoir le concept de paris combinés réglementés, qui s’est imposé avant l’adoption du projet de loi C-218.
L’Ontario a complètement ouvert son marché aux paris sportifs, accueillant des opérateurs comme BetMGM, FanDuel et DraftKings. La province a mis en place son propre organisme de réglementation, et les revenus ont afflué. Plusieurs personnes souhaitent que le même scénario se produise au Québec, mais cela n’a pas encore eu lieu. Cependant, l’industrie évolue rapidement et de nombreuses personnes s’attendent à ce que le Québec demeure à l’avant-garde de ce secteur.
Comme je l’ai mentionné, la question de la légalité des paris sportifs au Québec n’a rien de simple. Toutefois, de manière générale, les parieurs peuvent miser légalement au Québec. Que ce soit par l’entremise de Mise-o-jeu, le seul site de paris sportifs sous contrôle gouvernemental dans la province, ou en utilisant des opérateurs autochtones ou offshore, il est possible de parier légalement sans s’exposer à des pénalités.